Publié dans Intervention à Haute Voix n°12, juin 1985
mardi 6 mars 2012
3 Soleils
Publié dans Intervention à Haute Voix n°12, juin 1985
3 Mélodies
à André Caldéron
1. 19 heures 33
Haut sur le néon d'un bowling les enseignes de bière pancartes et locations la lumière gît tu vois ces lanières huilées d'or il fait frais à la ceinture soudain d'or primitif oui comme ça entre café et réglisse dans l'odeur saltimbanque des moteurs ce regard supérieur sous une boue bleue le cœur détraqué nuit de pétrole mais mais si j'ai cent balles
2. Impasse floue
3. David
I/II/1979
jeudi 23 février 2012
Nota Bene (version texte intégrale)
3. Dans les périodes de grande disette, quand le sexe est au placard, j’imagine souvent le même scénario. Un homme d’âge mûr (parfois ils sont deux), un inconnu entre chez moi. Il se déshabille, je l’imite. Nous commençons de nous toucher, mais le téléphone sonne. Tandis que je réponds, l’homme pose ses lèvres sur mon corps et fait tout ce qui lui plaît. Il n’y a personne au bout du fil et moi-même ne prononce que oui ou non. Inconsidérément je sauve la parole du petit saccage.
4. Sur la ville, très rarement, plane une odeur âcre. Les gens grimacent. C’est l’usine de cellulose du pin. On dit qu’il va pleuvoir, ou faire beau, je ne sais plus. Il m’arrive, même en plein hiver, d’ouvrir la fenêtre afin que l’odeur infecte imprègne les murs de ma chambre. Je n’en aime pas moins le parfum des roses.
Publié en partie dans Tuyau n°7, juin 1986
jeudi 2 février 2012
Jugements des contemporains
mardi 1 novembre 2011
Ingambes
- Le Grand Hors Jeu n°72 (sept. 1993) & 74 (mai 1994).
- Morceaux choisis (Les Contemporains favoris), octobre 1991 ("A Irène Hardette")
- Première publication numérique en mars 2004 sur le site de Sébastien Morlighem, reprise en avril 2008 sur le site de l'Homme moderne.
mardi 6 septembre 2011
BAISER
BAISER 1sirop, le gosier pèle, ta mer dévale, au cap le jus glacé et l'ail peut-être, je couve ton œil, la pâte émaillée, l'insulte me bave, ton eau pue, cette source poissée, si vaine quand, dehors, meurt l'épongeBAISER 2succion, l'abrasion des ventouses, au relief du fruit, et le ver perce, langue fondante comme moelle chaude, et mouillée, et serpentine, chenille mordue, tranchée par ma herseBAISER 3comme sève, il y eut glaire, la sauce d'une tige sauvage, l'écharde carnée dans la fissure des dents, et le rire gommé, ta bouche au meilleur trou
LPDA n°47, juillet 1985
lundi 8 août 2011
Vient de paraître : AGRAFES de Michel Valprémy
Editions Atelier de l’Agneau
350 pages, 24 euros
Préface de François Huglo. Extrait (4è de couverture) :
“ Le présent recueil de recueils témoigne de cette aventure éditoriale partagée par un auteur et ceux qui l’ont choisi, distingué, désigné comme favori, en publiant dans des plaquettes agrafées détachées des revues, un peu comme des numéros spéciaux, plutôt comme des spécialités, des textes qui prenaient date. La revue les inscrivait dans une collection, et l’auteur dans sa bibliographie. Des livres ? Presque… Livres minoritaires, nomades, précaires. Mais livres pionniers.”
FESTIVALPREMY – 31 juillet 2011
Compte-rendu
Comme de nombreux amis de Michel Valprémy, le soleil avait réservé sa journée du 31 août, et se tenait aux côtés de Claude Martin pour accueillir chacun à Robin, près de Fronsac, en des lieux familiers à beaucoup, et que d’autres découvraient. Les retrouvailles et rencontres de cette année ont été marquées par la présentation d’Agrafes, recueil des recueils agrafés de Michel, publié par l’Atelier de l’agneau : 350 pages, un record pour l’éditrice Françoise Favretto ! Mais rien d’indigeste en ce livre illustré de nombreux dessins de Michel et des reproductions des couvertures des plaquettes, la maquette de Pierre Valprémy jouant sur la diversité des polices de caractères pour rappeler celle des éditions originales.
Une même diversité régnait dans l’interprétation, toujours personnelle et juste, des textes de Michel par ces instrumentistes que sont les lecteurs. A son « feuilleton » d’extraits de L’appartement moutarde, Sylvie Nève avait ajouté un passage de Petits crapauds du temps qui passe (Michel Valprémy - Jacques Izoard), lu en duo avec Marie Delvigne qui nous offrit aussi une page de Miettes en sauce. François Maurin avait choisi des fragments de Rose, Raoul et Courte-queue, et trouvé parmi les Stèles de Victor Segalen un message pour Claude Martin. Albumville passa par la voix de Denis Ferdinande, Lilas zone par celle de Pierre Bayle, et Artabax par celle de Christian Rousseau, qui lut aussi la préface d’Agrafes, signée François Huglo. Quelques extraits de lettres de Michel à François furent lus par ce dernier, sous le titre « Valprémy, classique et moderne absolument ». Retour au soleil pour l’apéritif et le repas qui ont prolongé jusqu’à la nuit ce temps fort d’échange et d’amitié autour de Michel.
Les membres de l’Association qui n’ont pu nous rejoindre peuvent commander Agrafes, au prix de 20 € au lieu de 24, port gratuit.
Reportage photos
Lectures
Exposition de Emmanuel Aragon
Agapes
Photos : Evelyne Briatte
dimanche 24 juillet 2011
dimanche 10 juillet 2011
Salomé (Lecture d'une gouache)
Elle a dansé jusqu'à la sueur et toutes liqueurs.
Elle a bondi jusqu'à brûler ses seins enflés.
Elle rampa, son flanc luit de silex.
Elle cache son visage dans le réseau jais d'une chevelure éparse, mais la nuque de tresses et torsades ophidiennes. Elle secoue pour Jean ses boucles comme des fouets.
Elle au dansé jusqu'à la récompense.
Le voile boit le ru rouge, elle s'en écharpe.
(Elle a baisé sa bouche)
Le Jourdain source d'une bulle de vie décapitée, échappée — l'air essore le linge impudique.
l'eau lave plus que le pur.
Babylone flambe comme l'Enfer médiéval, l'acre pisé s'empoudre jusqu'à la lune d'argent damasquinée.
Plus de vent, la raideur du temps.
