dimanche 27 mars 2011

Elle souffla la bougie

Michel Valprémy

Elle souffla la bougie et l'obscurité fut. On cherchait nos gestes d'aveugles (ancien colin-maillard), sur la pierre déplâtrée, à hauteur des fagots, un éclat de silice scintilla.
... le fin brasero d'une cigarette dans la nuit des peaux rances... lune, vieux masque blessé des arbres polypiers... sur le verre irradié des lunettes d'été un profil simiesque, sans âge (ma tête passe). Au plus loin du constat le grésillement tungstène des lagunes... noyé sous la poix du soleil, l'ombre ocre du pisé glisse en aval de ma chute encore exquise à vos pieds de mendiants

Rectangle n°4, Lyon, 1984

lundi 7 mars 2011

Test 68

Michel Valprémy

test 68

“La reine des guêpes”, Le dépli amoureux, septembre 1986

dimanche 20 février 2011

… qui danse

Michel Valprémy

Khoreia I
--> 1.2.3- (répété) Girouettes. Nord. Sud.
--> Il a dit "diagonale". On se vengera aux 4 vents, sans pancarte, alibi ou miroir. On m'aura fait promesse, après les fards, la cage ronde des spots : "Tu TE danseras !"
Khoreia 2
Dans la rigueur exercée (poses et variantes) un remous
du jardin fœtal (on le suppose) et pour bond, Pégase.
nuit coule sur la paume serrant la barre (quelle source impure ? paroles de profane) corps fibres de l'âme suintent après bravi IL crie une fin (hors des hiérarchies arbitraires) le double l'autre échappés perdus à peine montrés le saut le geste le plus rare n'atteignent que l'éphémère et souvent l'œil grimace de qui ne sait pas TRAVAILLE ! tu mourras jeune qui danse connaît ce vertige bref libre plus haut que la permission du poids plus élastique que le tendon le plus souple gravite derviche plus grand plus difforme plus bel plus vicié que l'image libre libre du sol et des codes
Crucifixion
C'est fini ! dernier projecteur. L'ombre est régulière,
le plateau nu. Jusqu'à demain ? toujours ? Une fois
encore la sueur, l'essai S.V.P. Non, la peau humide
pend, le miroir a rendu les rides.
Il fait vieux partout.

Les dossier d’Aquitaine n°05, 4e trimestre 1983












dimanche 6 février 2011

C'est spécial

Michel Valprémy

C'est spécial, cette fatigue des mamans dans le bus, des mamans aimantes, des mamans de famille nombreuse. Comme leur regard change quand un instant la marmaille s'assoupit, quand cessent les bagarres à grands coups de petits drapeaux de chez Mc Donald's. L'œil des mamans se retire en dedans (est-ce l'oreille qui fait le guet ?) ; on n'y distingue plus la moindre étoile, la moindre lueur. C'est une mer morte. Les mamans dorment debout. De temps à autre, elles bâillent en dormant.

Edition Jour de lettre, avril-mai 1996

dimanche 23 janvier 2011

La Boue (dessins)

Michel Valprémy

La boue 1
La boue 2
La boue 3
La boue 4

Chats avalanches n°6, avril 1985

dimanche 16 janvier 2011

Un jour, le jour

Michel Valprémy

Draps lisses camisole nuit de terrier de souche d'hibernage chaos lisse sommeil ruban noir sans empreinte frange d'aube grise brumeuse murs bleu nuit plafond fendillé (minces deltas terres altérées vernis fissuré) papier peint arraché au chevet plâtre creusé combat nocturne ? lutte amoureuse ?
Sous la main hebdomadaire fermé tache de salive sur l'oreiller réveil cadre vert rond et laid ampoule nue aucun signe de l'extérieur bras tâtonne sur le sol carnet à spirales traces de la veille "nonchain=poire d'automne/Capricci TIEPOLO eau-forte éditée pour la première fois à Venise On ne regarde jamais assez le ciel. Ce que j'ai à dire : les détails" sexe calme se lever.
Bol blanc ras bord café noir épais cosmos éteint sirotons dans nos petites douleurs hebdomadaire ouvert "ON EMPRISONNE ET TORTURE AU CHILI" cuillère tourne odeur de toutes mémoires enfance Padoue collations estudiantines une orange luisante notes dans l'hebdomadaire feutre bave ratures flèches sans conviction.
Attendre l'éclaircie une soleil ne rien décider plus de projets d'histoire fleuve tout ébaucher recroquevillé envies fugaces lettres avortées ni appel ni secours ni quai n'i campanile ordre maniaque répéter le rite du café sans sucre roux (dès irréguliers) sans soucoupe liseron miettes de pain sous le doigt sentiers colimaçons tant à prouver encore l'eau bout déborde réparer le chauffe-eau toilette.
Douche longue éternelle lambeaux de jouvence râper la peau mue impossible petit baptême dehors enfin ciel bleu pour des regrets fin des lagunes soudain mieux respirer rire d'un jour d'enterrement puis hachures partout treillis sous le tamis seul et tant pis tant mieux volets clos porte verrouillée rideaux tirés entre soi et soi presque le silence (voix du palier ordres et claques)
Camélia gît sur ses feuilles pierre du caniveau bougie consumée Christ d'ivoire manchot buvard rouge "Qualité Supérieure. Teintes assorties" main transpire un peu stylo noir pointe fine constater les dégâts l'écorce récente à peler avec d'autres dents que les miennes pas de fer dans la bouche.
Fatigué de rien il faudrait reprendre les trajets ordinaires bus banques grands magasins mieux observer marche somnambule dans mes 9 m2 marée basse besoin de fixer des images dater ces évènements ces pages.
Il fait froid.
 
Interventions à haute voix, n°11, janvier 1985








dimanche 2 janvier 2011

Paysage clos

Michel Valprémy


1
2
3
4
5
6
7
8
9

Ed. TRACES, Carnets coll. Mini, Le Pallet, 1986

Guerre simple

Michel Valprémy

guerre simple

LPDA n°46, juillet 1985

dimanche 26 décembre 2010

Prions

Michel Valprémy

où aller ce soir en ce mystère
à vous de donner le sens des flots
ces pivoines douces balises
ces rochers de chairs cassée
je m’allonge oint du dernier givre (les castes fondues, le tango des moteurs) sur le tapis de paille
comme dessin rupestre je me borde
le temps immobile pointille (on décalque, muet)
la voix glisse, j’obéis, acquis
 
Cassiopée n°04, 1er trimestre  1984








dimanche 12 décembre 2010

La cloison

Michel Valprémy

La cloison

Mensuel25 n°152, novembre 1992